» Le moulin de la Boulaye  » : le poème du jour de … Pierre !

 

Allez, je vous propose un petit devoir de vacances !

Poème écrit sur place, dans le moulin, en Bretagne, dans le Morbihan pour être précis ( à Pluméliau à 12 Km de Pontivy )

 

DSC00254 (2)Photos prises par moi même

A Madame et Monsieur Kervarrec

qui ont restauré, avec beaucoup de goût

et d’authenticité, le moulin de la Boulaye.

 

Le moulin de la Boulaye,

 

« Ah ! Vieux moulin tu as tourné,

tourné, tourné et retourné ;

la force de l’eau sur tes pales

était ton énergie vitale !

 

Les paysans des alentours

qui venaient à chacun leur tour

guigner ta belle mécanique

la trouvait vraiment fantastique !

 

Ils n’avaient rien vu de pareil

à ce formidable appareil,

qui pouvait moudre sans relâche

sans se fatiguer à la tâche ! »

 

Il fallait pour être meunier

réfléchir et savoir manier

une mécanique complexe

qui laissait bien  des gens perplexes.

 

Tout l’art était de réguler

le débit pour faire tourner

la roue à la bonne vitesse,

ce qui demandait de l’adresse.

 

Selon le niveau de l’étang,

selon les caprices du temps,

il fallait surveiller l’étiage

et réagir sans cafouillage !

 

Et puis il y avait les grains

pour les bêtes ou le pétrin :

mouture grossière ou farine

pour les auges ou les cuisines.

 

Chaque fois c’était différent,

il fallait varier tout le temps,

bien affiner tous les réglages

du broyage et du tamisage.

 

Ajoutez qu’en plus du cerveau,

il fallait être aussi costaud :

les sacs de grains ou de farine

pesaient très lourd sur les échines !

 

Sans compter que dans le moulin

la poussière battait son plein,

c’était à peine respirable

rendant les poumons irritables !

 

Le danger était permanent

de se faire happer par les dents

des boulimiques engrenages

capables des pires carnages !

 

Même s’il aimait son métier

et son beau moulin le meunier

mourrait souvent bien avant l’âge

épuisé par tout cet ouvrage !

 

« Combien as-tu mon vieux moulin

usé de ces hommes enclins

à ne vouloir jamais se plaindre,

à faire le travail sans geindre ?

 

Puis un jour il est arrivé

quelque chose qui a scellé

ta disparition programmée

malgré ta grande renommée.

 

C’est la fée électricité

qui a très vite supplanté

toutes autres forces motrices

et s’est faite dominatrice !

 

Sont apparus les grands moulins

qui ont grignoté un à un

les petits sans aucun complexe :

tâche facile dans le contexte !

 

Au grand dam du dernier meunier,

tes engrenages, tes paliers,

sont entrés dans un grand silence

sans aucun espoir de relance.

 

Et le temps a pris tout son temps

pour ronger inlassablement

ta merveilleuse mécanique

en se moquant de tes suppliques !

 

Il a commencé par le bois

de ta roue et puis de ton toit,

s’attaquant ensuite à tes pierres

aidé des ronces et des lierres.

 

Tes arbres se sont descellés,

tes alignements décalés,

de ta mécanique complète

il n’est resté qu’un grand squelette !

 

Mais un jour vint, béni pour toi,

des gens ont réparé ton toit

pour que cessent tes avanies

te conduisant à l’agonie.

 

Ils t’ont redonné du cachet

de haut en bas et sans tricher :

ta mécanique est exposée

comme on le fait dans les musées !

 

Ta fonction a beaucoup changé

puisque tu sers à héberger

des gens qui viennent en vacances

et admire ton élégance !

 

C’est reparti pour très longtemps

et je sens que tu es content,

car  même sans ta mécanique,

au temps tu peux faire la nique !

 

Il est possible  – pourquoi pas ? –

que tu te rappelles de moi :

un vieux monsieur un brin poète

avec un chapeau sur la tête.

 

Un vieux monsieur qui t’a parlé

et que tu as su écouter

sans être étonné de l’affaire,

un vieux monsieur aimant les pierres.

 

Porte-toi bien mon vieux moulin,

tu m’enterreras c’est certain,

les hommes jamais ne revivent :

leurs forces sont beaucoup moins vives !

 

Si l’on peut les rafistoler

un peu quand ils sont très usés,

cela ne les prolonge guère :

la vie de l’homme est éphémère. »

 

                                   Pierre Dupuis

DSC00205 (2)

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A propos Pierre

Professeur à la retraite
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4 commentaires pour  » Le moulin de la Boulaye  » : le poème du jour de … Pierre !

  1. Bernadette dit :

    Très joli, c’est sûr que le meunier ne dormait pas toujours quand le moulin allait trop vite…

  2. bleuemarie dit :

    Oh, c’est un bien joli hommage !

  3. rotpier27 dit :

    Bonjour Marie !

    Merci beaucoup !
    Le séjour a été si plaisant que nous y retournons en juin prochain !

    Bonne journée,

    Pierre

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