Le poème du jour : « Les joueurs de cartes, » … de Pierre

Je vous propose un autre petit exercice poétique

à partir d’un tableau de … Paul Cézanne, encore lui !

 

Les joueur de cartes de Cézanne

Image du net

Poème brossé autour du tableau de

Paul Cézanne :  » Les joueurs de cartes « 

peint en 1890-1892 du coté d’Aix en Provence.

 

Les joueurs de cartes,

 

Celui qui ne fréquente pas

le lieu et son arrière-salle

peut rester dans la plus totale

ignorance de ces deux là.

 

Ils sont là, pesamment assis,

chapeau bien visé sur la tête,

veste sur le dos sans manchettes

les avant-bras sur le tapis.

 

Ils se fondent dans le décor,

à vrai dire ils en font partie

pour eux c’est une garantie :

le calme vaut son pesant d’or.

 

Le jeu les a rendu taiseux,

déjà pas bavards d’habitude

on devine l’infinitude

de la concentration des deux.

 

Ils ont fait le vide autour d’eux

et on respecte leur silence,

on évite les turbulences :

on les sait assez chatouilleux.

 

Sans être vraiment soupe au lait

ils sont capables de colères

qui même pour être éphémères

les rendent sur l’instant mauvais.

 

On se souvient d’un soir de mai,

de jeunes gens venus en bande

mener joyeuse sarabande

… repartis en pissant du nez !

 

Ils ne jouent pas pour de l’argent,

le perdant paiera la chopine,

du vin rosé pas de la fine,

ils ne sont pas bien exigeants.

 

Leurs mouvements sont mesurés,

là aussi ils sont économes,

on croirait de vrais métronomes

tant leurs gestes sont réguliers.

 

De rares battements de cils,

à peine une esquisse de moue,

parfois un grattement de joue

toute autre expression en exil.

 

Cela durera jusqu’au soir,

jusqu’à la fin de la partie

sans parole, sans répartie,

sauf à marmonner un bonsoir.

 

Is reviendront un autre jour

et on leur cèdera la place,

coup de menton pour rendre grâce :

pourquoi faire de longs discours ?

 

Ils recommenceront le jeu,

bien calés sur leurs lourdes chaises

au calme et ils en sont fort aise :

des taiseux restent des taiseux.

          

            Epilogue :

 

C’est avec un plaisir certain

que j’ai composé ce poème

à vous de dire ou non  » Je l’aime !  » :

vous avez les cartes en main !

 

                                                                                                        Pierre Dupuis

Publicités

A propos Pierre

Professeur à la retraite
Cet article, publié dans Poésie, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Le poème du jour : « Les joueurs de cartes, » … de Pierre

  1. Bernadette dit :

    Moi je dis j’aime, belote, rebelotte et dix de der!

    • rotpier27 dit :

      Bonjour Bernadette !

      Merci … bien joué ! En Normandie, on joue un peu plus à la manille coinchée qu’à la belote !

      Bonne journée,

      Pierre

      • Bernadette dit :

        Comme tu veux, manille c’est bien aussi (j’y jouais beaucoup en Flandre quand j’étais jeune)

  2. rotpier27 dit :

    Coucou Bernadette !

    Il ne faut pas être sectaire : j’aime les deux aussi !

    Bon après-midi !

    Pierre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s