» Nœud marin,  » … un poème de Pierre

Chalut à tous,

Aujourd’hui, je travaille sans filet … encore influencé par l’amer

… du travail sur corde raide.

Pierre

 

noeud marin 1

Image du net

A toujours ressasser l’amer

un jour la haine de déchaîne,

se libère en cassant ses chaînes

et c’est le début de l’enfer.

 

Nœud marin,

ou

A trop tirer sur la corde,

 

Bien sûr il buvait un peu trop

mais il n’était pas un ivrogne,

il se tuait à la besogne

pour lui offrir de beaux cadeaux.

 

Son métier de marin pêcheur,

il le faisait avec vaillance

et sans la moindre défaillance :

il y mettait un point d’honneur.

 

Elle en avait jamais assez,

toujours le reproche à la bouche

et elle y allait à la louche

cherchant sans fin à le blesser.

 

« Tu n’es qu’un pauvre matelot

pas foutu d’être capitaine,

tu approches la quarantaine,

avec toi tout part à vau-l’eau ! »

 

A pousser le bouchon trop loin

elle ne se rendait pas compte

qu’elle allait lui devoir des comptes

et que ce serait sans témoin.

 

Toute la journée au chalut

il avait ressassé la chose,

il était bien plus que morose,

le soir il avait vraiment bu.

 

Elle l’avait apostrophé

dès qu’il avait franchi la porte,

maintenant elle pendait morte

au bout du cordage étiré.

 

Elle avait à peine souffert,

en nœuds les marins s’y connaissent :

pas de risque de maladresse,

vieil héritage de la mer.

 

Elle avait usé son amour,

aussi il n’avait pas de peine

ayant accumulé la haine

depuis longtemps jour après jour.

 

Il était prêt à assumer

les conséquences de son acte

et d’en payer la note exacte,

ses yeux n’étaient pas embrumés.

 

Il la regardait balancer

doucement au bout du cordage,

il avait épuisé sa rage,

il était calme et soulagé.

 

Cela ne pouvait plus durer,

et ce n’était là que justice

qu’elle paie pour tous les sévices

moraux qu’il avait enduré.

 

Il était sûr que les jurés

lui trouveraient des évidentes

circonstances atténuantes

et qu’il serait peu condamné.

 

Son sort elle l’avait scellé :

quand on devient une harpie

glissant vers la misanthropie

on prend des risques sans filet.

 

                                             Pierre Dupuis

 

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A propos Pierre

Professeur à la retraite
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2 commentaires pour  » Nœud marin,  » … un poème de Pierre

  1. Je pense directement à la chanson de Vincent Baguian « Seul au fond » dont je livre ici quelques extraits:
    « On est seul au fond
    Et nos âmes sont
    Toujours prêtes à chavirer,
    Les poids sont trop lourds à porter  »
    « Moi qui pensais que les galères
    Se traversaient en solidaires,
    Je rame tout seul en buvant la tasse
    Je coule au fil du temps qui passe  »
    « Puisque ce monde n’est pas que beau,
    Tant pis, je finirai ma vie soûlot. »

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